23 janvier 2006
Voyage voyages
Parceque les images sont parfois aussi parlantes que de longs discours...
Bien sur vous aurez noté que l'on peut cliquer sur les images pour les agrandir! sur la photo transit2, Jé, on voit effectivement l'équipe des chauffeurs et assistants chauffeurs ainsi que les deux coordo rapatriement et l'enqueteur social, juste avant le convoi 001 de 2006.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
07 janvier 2006
Oh ! le beau bébé…
A la demande générale, parce que le budget Unhcr se termine, et que nos neuf mois de gestation ont produit un joli bébé, il est temps de faire un bilan. Le laïus qui suit va détailler comme un rapport officiel les travaux que nous avons menés jusqu’à présent. Vous excuserez le ton et le contenu très descriptif qui contrastera quelque peu avec la frivolité de certains articles de ce blog. Ainsi, vous serez en mesure de juger l’aspect professionnel. Mais qu’en est-il du point de vue personnel et humain ? Youri va-t-il vous revenir changé, modifié, converti, bouleversé, transformé, en pleine mutation psychologique ou simplement enrichi ? Pour bien comprendre, replongeons-nous dans la genèse de cet enfant qui vient de naître. (Pas moi, le résultat du projet !)
Depuis avril 2005, Atlas participe à un programme d’assistance aux retournés congolais de la Tanzanie dans les territoires de Fizi et Uvira, sud Kivu. En début de projet, on accueillait ces bénéficiaires de manière aléatoire puisqu’ils revenaient spontanément. Pour se faire, nous avons construit, grâce à mon logisticien Guy, des centres de transit dans les deux points d’entrée principaux, Uvira et Baraka. Ensuite, nous les raccompagnions dans leur région d’origine.
L’amélioration progressive des conditions sécuritaires dans la région nous a permis de rentrer depuis octobre dans une phase de retour facilité, c’est à dire « organisé » et « planifié » par le HCR. Sans statistiques de zone de retour, nous avions malgré tout senti que la plus grande partie de nos bénéficiaires allait revenir dans la zone la plus au sud. Ainsi, nous avions demandé un budget supplémentaire pour construire un port afin d’y accoster les bateaux Tanzaniens. Voilà, à partir du 13 octobre, nous avons commencé à accueillir un bateau par semaine à Baraka, et un mois plus tard, le rythme a doublé.
Pour les infrastructures, hormis le port, nous avons construit 8 centres de transit, aux points d’entrée et sur les grands axes ( pour permettre aux gens de se reposer une nuit avant de reprendre à pieds car il n’y a plus de route). Vous voulez encore des chiffres ? 14324 spontanés et 6737 retournés dans la phase facilitée. Dans cette population, environ 20% de vulnérables, c’est à dire personnes âgées, malades, femmes seules chefs de ménages, handicapés, orphelins ou répondant à d’autres critères ont eu droit à notre absolue attention lors des différentes phases logistiques de leur retour.
Il semble qu’il resterait environ 120 000 Congolais dans les camps en Tanzanie. L’objectif de 2006 pour le territoire de Fizi et d’Uvira est de 40.000 bénéficiaires. Malheureusement, nos moyens logistiques actuels ne seront pas suffisants pour absorber ce chiffre, et on espère beaucoup des promesses de l’Unhcr pour de nouveaux véhicules.
Notons enfin que le rythme de retour doit tenir compte des capacités d’absorption de la zone et de la population locale. En effet, la situation humanitaire est déjà précaire sur de nombreux points : santé, eau, alimentation, logement, éducation…
Vous en avez déjà marre des chiffres ? Alors voilà comment une opération de convoi type s’est déroulée jusqu’à présent :
- Le jour J, le navire avec environ 500 bénéficiaires à son bord accoste au port de Mushimbakie. Après débarquement, nous les transférons par camions (ou en véhicules légers pour les vulnérables) vers le centre de transit. Après distribution du repas chaud par l’Ong qui gère le centre, ils passent à l’enregistrement puis au screaning médical. Pendant ce temps, leurs bagages sont stockés et triés selon les axes de retour qu’ils annoncent.
- Ensuite, nous commençons la distribution. Selon la grosseur de la famille, ils reçoivent des non-vivres (Unhcr) et des vivres (Programme Alimentaire Mondial) pour trois mois. Après d’éventuelles sensibilisations au VIH Sida, ou encore au risque des mines et engins non-explosés, nos protégés passent la nuit au centre.
- Le lendemain, nous chargeons les bagages et embarquons les retournés selon leur zone de retour. Les convois pour les axes Baraka centre, Kazimia, Lubondja (via Fizi) peuvent alors prendre la route. Après l’enquête pour juger de la satisfaction de nos services, les retournés sont déposés dans les way stations ou dans leurs villages. Ainsi, les poids lourds vides font demi-tour dès que possible pour venir compléter la flotte insuffisante pour l’axe Uvira (littoral). Enfin, les véhicules qui arrivent sur Uvira nous servent, au retour vers Baraka, à transférer les vivres, non-vivres et tout le carburant pour les convois suivants.
C’est un peu compliqué quand on n’a pas la carte sous les yeux !
Bien sûr, les retournés sont heureux de revenir dans leur pays, d’être accueilli sur un vrai port, un centre de transit confortable et équipé, et nécessairement d’être convoyé au plus près de leurs villages d’origines, dans la limite de praticabilité des axes routiers. Nos équipes dans les convois sont souvent reçues à bras ouverts par les populations puisque nous rapatrions leurs frères exilés pendant de nombreuses années.
Mais comment juger objectivement de l’efficacité de notre travail ici. Une enquête de satisfaction ? Mais quelle idée géniale !
Voilà, nous avons lancé depuis juillet une campagne de questionnaire auprès de nos retournés, sur les thèmes qui nous touchent, c’est à dire l’accueil dans les centres de transit, son confort et les divers services que nous proposons, mais aussi dans le convoi. On pondère et on fait une note sur 100. Allez, je sais que vous n’aimez pas les chiffres, mais je m’engage sur l’honneur à vous confirmer que ces résultats sont satisfaisants. Ce qui plait le plus à notre bailleur, c’est que les notes sont en constante progression.
Ainsi, en toute humilité, on a atteint les objectifs initiaux du projet dans les temps et dans les budgets, mais en plus on s’améliore régulièrement dans nos prestations. Chaque jour et dans tous les secteurs d’activités qui nous ont été confié au cours de ce sous-projet (convois, construction, réhabilitation, distribution…) nous avons gardé à l’esprit les objectifs de notre mission, à savoir assurer l’assistance de nos bénéficiaires dans la dignité, la sécurité et le confort. Notre plus grand le bonheur est de lire les sourires sur les visages de nos protégés, hommes, femmes et enfants.
Neuf mois donc, et le bébé est né.
Vais-je l’abandonner dans quelques temps. Il le faut bien. Déjà il vole de ses propres ailes. A cause de ses gros camions blancs, sa capacité de voyage, on l’appelle au talkie-walkie l’Albatros. A moins que ce ne soit représentatif de ses initiales, AL, Atlas Logistique.
Le papa est fier, mais humble. Il sait très bien que c’est le fruit des entrailles d’une équipe d’expatriés soudée, mais aussi d’un staff local réellement motivé. L’aventure a fédéré toutes les volontés enthousiastes et les efforts ont été productifs. Il s’agit ici de remercier chacun pour n’avoir jamais baissé les bras malgré les difficultés physiques, logistiques ou de moyens.
Cette mission, même si elle n’est pas finie, m’a donc enrichi de tout ce que je pensais qu’une expérience dans l’humanitaire pourrait apporter. Nonobstant, - encore ce sacré nonobstant, il va falloir que j’en change avant de l’utiliser à mauvais escient et ainsi décevoir mon cher public qui vient sur ce blog de plus en plus nombreux pour égayer sa journée de cette joute verbale entre mes deux hémisphères sur ce tatami de digressions oiseuses voire superfétatoires qui n’est pas sans rappeler certaines éminentes brèves de comptoir – nonobstant, disais-je donc avant de me perdre une nouvelle fois dans les méandres de mon cerveau embué de bière locale, je vous promet que je ne vais pas revenir tellement différent. Peu être légèrement plus secoué, mais plein de projets. De projets en projets, décidément la boucle est bouclée et moi je vais faire pareil.
Alors je la boucle...
03 janvier 2006
On se laisse pas abattre...
Un réveillon sans neige, ça peut le faire quand même.
Ca me permet de vous présenter Anne Laure (administratrice) et Stéphane son copain qui travaille chez Solidarité à Goma.
En arrière plan, il y Christian, le nouveau chef de garage.
Tout ce beau monde s'était réuni suite à l'invitation de Echo sur leur ponton. Une très bonne soirée, bien sûr.
Ps: les superbes photos sont en copyright de Carine, gentille hôtesse de Acted chez qui nous avons passé les nuits. Merci.
Encore meilleurs voeux à tous.

























